lundi 12 janvier 2015

C'est arrivé demain

(c) Charlie Hebdo
Les caricatures de Mahomet, publiées dans le Charlie Hebdo "Journal des Survivants" du 14 janvier 2015, engendrent une nouvelle vague de violence. D'immenses foules en Afrique du Nord et au Proche Orient assiègent les ambassades et représentations françaises. Certaines sont prises d'assaut. On déplore des morts. En France, plusieurs actions brutales défrayent la chronique : coups de poignard dans le métro, policiers agressés, véhicules fous qui foncent dans la foule. Des kiosques sont incendiés. Chaque jour apporte son lot de faits divers macabres. Sur les réseaux sociaux, des activistes réclament l'intervention de "nouveaux frères Kouachi".


A cette violence répond celle des "islamophobes" qui attaquent plusieurs mosquées à travers le territoire. En Bretagne, une bataille de rue laisse plusieurs protagonistes sur le carreau. Manuel Valls promet une "justice exemplaire pour les fauteurs de troubles, de quelque horizon qu'ils viennent".

Des associations pointent l’irresponsabilité des auteurs de Charlie qui met "de l'huile sur le feu". L'amalgame dessert la cause du vrai islam, "modéré par essence". Un ministre déclare "qu'il n'était pas le moment d'exciter la fureur de quelques déséquilibrés". Le journalisme, ajoute-t-il, doit être "responsable", et "capable, avant de s'adonner à je ne sais quel soit-disant humour, de distinguer les moments opportuns et inopportuns". Fallait-il agiter le chiffon rouge au nez d'une "poignée d'excités" toujours dangereux ?

Une grande partie des manifestant réunis le 11 janvier sous la bannière "Je suis Charlie" se désolidarise d'une publication jugée désormais "vulgaire, blessante et inopportune". La presse, d'une façon générale, se range du côté des musulmans modérés qui ne doivent pas devenir la victime d'une "entreprise de stigmatisation". "La liberté de la presse a pour pendant le devoir de réserve", lit-on çà et là. A quoi sert la liberté si c'est pour offenser ? s'interroge Libération. Le hastag #FreedomAndRespect envahit Twitter, fédérant les "offensés" et leurs défenseurs.

Les violences continuent, sans plus faire la une des journaux. Le pays s'habitue à cette situation tendue, dans l'attente morbide de nouveaux attentats.




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